Patrimoine - Le Pont Canal de Briare

 

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Patrimoine

 

Voies Navigables
La direction interrégionale Centre-Est gère un patrimoine architectural tout à fait remarquable.
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Un double centenaire

D'un canal à l'autre

Deux ponts canaux...

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    Un double centenaire

    Nous sommes le 16 septembre 1896. Tôt ce matin-là, Ernest Guingand, marchand de bois et patron de la flûte bourguignonne
    " Aristide", a nourri ses bêtes puis les a attelées comme à l'accoutumée. Mais ce jour-là, ce voyage et sa "cargaison" sont bien particuliers : à bord du bateau vide ont pris place l'ancien maire de Briare, M. Boisset, ainsi qu'une vingtaine de ses amis, mariniers, commerçants ou conseillers municipaux. Après avoir posé pour la photo-souvenir, Ernest Guingand démarre "l'Aristide" qui bientôt quitte le quai du nouveau port de Briare. En cette matinée de fin d'été 1896, "l'Aristide" va être le premier bateau à franchir le pont-canal de Briare, inaugurant ainsi officieusement ce monument qu'aucun officiel, député, maire ou sénateur, n'a voulu prendre le risque d'inaugurer en grandes pompes, tant l'hostilité des Briarois à son égard est grande : ceux-ci l'accusent de tous les maux de la terre, à commencer par l'inondation de leurs caves et fosses d'aisance, accusation qui, après études, se révèlera dénuée de fondement.

    Les Briarois, en cette année 1896, sont violemment hostiles au pont-canal. A l'inverse, cet ouvrage est ardemment attendu par les mariniers qui voient en lui la fin de leur cauchemar : le passage en Loire de Châtillon-sur-Loire. Pour comprendre la profonde amélioration que le pont va apporter dans les conditions de travail des mariniers, il est nécessaire de remonter un peu dans le temps. Un siècle suffira.

    D'un canal à l'autre

    1793 - Le Canal du Charolais, ou Canal du Centre, vieux projet naguère caressé par Sully, et qu'Emiland Gauthey, ingénieur chalonnais, s'est chargé de concrétiser, vient d'être ouvert totalement. La ligne navigable Lyon-Paris via Chalon sur Saône, Digoin, Briare et Saint-Mammès est donc effective et opérationnelle. Mais il apparaît bien vite que la Loire, en raison de son caractère fantasque, est incapable d'assurer en toutes saisons, les conditions nécessaires à une bonne navigation, et l'on songe alors à établir pour la batellerie du Canal du Centre une liaison navigable Digoin-Briare en site propre, autrement dit un canal latéral à la Loire. Il faudra cependant attendre les Lois Becquey de 1821-22 qui, en plus d'un nouveau gabarit uniforme (30,40 m X 5,20 m), lancent les projets de nouvelles voies navigables, pour voir prendre corps ce projet, qui doit, au-delà de Briare, descendre jusqu'à Angers. Si le tracé Briare-Angers restera à l'état de projet, le canal est prolongé en amont par la Compagnie Franco-Suisse qui construit et exploite le Canal de Roanne à Digoin. L'ensemble, de Roanne à Briare, est mis en service en 1838. Il est prolongé vers Paris par le Canal de Briare qui est déjà presque bicentenaire (1642), et le Canal du Loing ouvert en 1724. La Seine, jusqu'à Paris, est encore à l'état naturel, mais l'ingénieur Poiré procède déjà à des essais de barrage mobile éclusé en vue de sa canalisation.

     

    Deux ponts-canaux...

    Le Canal Latéral relie Digoin ( Saône et Loire)à Briare (Loiret), deux villes établies en rive droite du fleuve, mais des contraintes de relief ainsi que l'hostilité de certaines villes, ont obligé les ingénieurs des Ponts et Chaussées à le tracer à 95 % en rive gauche. Au passage il accueille à Decize le Canal du Nivernais, via une traversée de la Loire, et à Marseilles les Aubigny le Canal de Berry. En outre plusieurs embranchements lui permettront de rejoindre l'Allier aux Lorrains, et la Loire à Decize, Nevers, Fourchambault et Saint Thibault. L'embranchement de la Charité sur Loire restera dans les cartons.


    Cette disposition du Canal Latéral en rive gauche l'oblige à franchir la Loire à Digoin et l'Allier au Guétin par de grands ponts-canaux en maçonnerie. Depuis que Riquet, dans les années 1670, a lancé son Canal du Midi au-dessus du Répudre par le premier ouvrage de ce type en France, ouvrage encore bien modeste, les ingénieurs ont acquis une grande maîtrise dans la conception de ce genre de monuments qui atteignent en cette première moitié du XIXe siècle des tailles considérables : 217 m à Digoin et 343 m au Guétin, sans compter les écluses adjacentes.

     

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